Ma doula bien-aimée

Top bébé n°62, décembre 2012

20121201-MaDoulaBienAimeeInterview avec Pascale Gendreau, coprésidente de Doulas de France.

Vous êtes enceinte, vous vous sentez un peu dépassée par les événements, l’organisation n’est pas votre fort… Et si faire appel à une doula était la solution à vos tracas ? A mi-chemin entre un coach et une gouvernante, la doula est une personne dont la vocation est d'accompagner et de soutenir la future mère et son entourage pendant la grossesse, l'accouchement et la période post-natale. Un nouveau concept à découvrir à travers les propos de Pascale Gendreau, coprésidente de Doulas de France, recueillis par Caroline Dupuy.

Pascale Gendreau, 40 ans, coprésidente de Doulas de France, mère de trois enfants, doula depuis 5 ans, a gentiment accepté de répondre à nos questions.

Quelles sont les qualités premières d’une doula ?

La capacité d’écoute et l’empathie. Il s’agit avant tout d’entendre les souhaits de la future maman et de ne jamais la juger, quel que soit son projet d’accouchement. Qu’elle veuille donner la vie avec ou sans péridurale, accoucher à la maison, dans un hôpital ou dans une clinique privée n’est pas du ressort de la doula. Doula moi-même, mon objectif est d’aider la future mère à mener à bien son projet, en l’épaulant et en la mettant en relation avec les bonnes personnes, afin de faciliter toutes ses démarches. L’écoute est également primordiale dans la mesure où nous intervenons au domicile des parents. Un lieu qui leur permet d’être plus à l’aise et de discuter librement de tous les sujets qui les préoccupent. Y compris d’aborder les questions qu’ils n’ont pas eu le temps de poser au corps médical et celles qu’ils n’ont pas osé poser à la personne compétente. Toutes ces questions sont plus faciles à aborder devant un thé dans un lieu chaleureux, notamment pour les papas.

Quelles sortes de questions émanant des parents avez-vous en tête ?

Ça peut aller du matériel indispensable à acheter pour bien préparer l’arrivée de bébés à la sexualité du couple, en passant par des questions relatives aux bienfaits des du nouveau né.

A quel moment de la grossesse intervenez-vous généralement ?

Le plus souvent, dès le début du deuxième trimestre. Je garde fréquemment des contacts avec la famille que j’ai épaulée. J’ai fait partie de l’aventure et pour cette raison, il n’est pas rare que je reçoive une invitation pour les baptêmes et autres fêtes de famille.

Est-ce toujours lors d’une première grossesse qu’une femme décide de se tourner vers une doula ?

C’est ce que je pensais au début, mais la réalité n’est pas là. Il m’arrive de travailler pour une première naissance mais aussi pour une troisième voire même pour une cinquième naissance ! Ce que la femme recherche, c’est une relation dans la continuité. Le gynécologue qui a suivi une femme enceinte n’est pas toujours présent le jour « J ». Il est rare de connaître avant le début du travail la sage-femme qui va s’occuper de vous. Et si le travail est long, il se peut même que l’équipe change au cours de la journée… Souvent les mamans se plaignent de ce système et font alors appel à nous pour une grossesse suivante.

Quelle est la fréquence de vos visites ?

J’effectue 5 visites au moins avant la naissance, parfois bien plus. Ces rencontres durent au minimum 2 h 00. Je suis présente tout au long de l’accouchement, quel que soit sa durée. Je me rends également auprès de la maman le lendemain de la naissance de son enfant et enfin trois jours après, au moment de la montée de lait. Les visites après la naissance sont à la demande. Le minimum est de trois, mais les parents peuvent en demander autant qu'ils le veulent.

Pour quel prix ?

Je fonctionne au forfait : cinq visites avant la naissance, trois après la naissance et une disponibilité totale sur simple appel téléphonique durant les 15 jours qui précèdent et qui succèdent le terme de la grossesse. Cela correspond à un montant de 500 €. Pour ma part, je fonctionne avec le Chèque emploi service universel (Cesu). Bien sûr, les Cesu ne sont pas obligatoires. Chaque parent décide de son mode de paiement. Et certaines doulas ont un statut de travailleur indépendant, ce qui leur permet d’encaisser des chèques de banques "standards" ou autres règlements en leur nom propre.

Quel est le profil des personnes qui font appel à vous ?

C’est très variable. En cinq ans de pratique, j’ai surtout eu des couples. J’ai rarement été appelée pour remplacer une personne absente. Au contraire, les papas veulent s’investir et décident de prendre quelqu’un pour faciliter les démarches du couple.

Et le profil des doulas ?

Il faut être mère soi-même. Avoir allaité est un plus. C’est plus facile d’être empathique avec une mère qui a des douleurs si on a connu la même chose. Cela dit, la doula se doit d’avoir du recul par rapport à sa propre expérience de maternité. Car nos propres choix ne sont pas forcément ceux des personnes épaulées. Et ils ne sont pas forcément bons pour tout le monde.